Maximiser l’efficacité des agences d’architecture grâce à 5 technologies innovantes

Par Matt Alderton
- 7 Jun 2018 - 9 min De Lecture
technology architecture

Avant l’arrivée des avions, acheminer le courrier à cheval pouvait prendre des mois. Avant l’invention du lave-linge, il fallait au moins une journée entière pour laver toute la lessive d’une famille. Avant l’apparition des grues, la construction de grandes structures telles que les églises ou les châteaux demandait parfois plus d’un siècle.

Ne jamais oublier : quoi que vous fassiez, la technologie peut vous permettre de le faire mieux.

C’est la philosophie que prône Perkins+Will, architectes. Ils sont constamment à l’affût de technologies pour faciliter, accélérer et améliorer le travail des architectes, alors même que leurs pairs dans leur grande majorité se cantonnent à des pratiques plus traditionnelles.

« Notre mantra : pourquoi et comment, explique Nick Cameron, directeur du numérique chez Perkins+Will, est tiré de ces deux questions : Pourquoi faisons-nous les choses de cette manière ? et Comment faire mieux les choses ?

Ces questions ont conduit l’agence Perkins+Will à tester et à adopter beaucoup de nouveautés au cours de ses 82 ans d’existence, dont les dernières en date : les mégadonnées ; la réalité augmentée, mélangée et virtuelle et la conception générative et computationnelle. Les expériences que la firme nous livre aujourd’hui vont vous permettre de revitaliser des pratiques anciennes afin de tirer pleinement profit de l’innovation.

1. Les mégadonnées : un système d’alerte anticipée

Perkins+Will gère plus de 700 projets en même temps et chacun d’entre eux recèle une mine d’informations propre à perfectionner le travail de ses architectes.

Il était essentiel que ses équipes soient aptes à trouver et à extraire toutes les informations nécessaires pour un projet récent faisant intervenir des mégadonnées. À cette occasion, Perkins+Will a mis au point une méthode basée sur les données pour déterminer le risque, explique Nick Cameron. Il compare les projets d’architecture à une semaine au bureau où tout se déroule sans accroc, jusqu’au vendredi après-midi où l’imprimante tombe en panne. « Nous souhaitions avoir une approche proactive afin que les priorités soient revues plus tôt “pendant la semaine”, explique-t-il. Comme un système d’alerte anticipée. »

technology architecture big data
Perkins+Will a créé une appli qui scrute des paramètres préétablis dans les maquettes Revit, afin de détecter les équipes en difficulté. Avec l’aimable autorisation de Perkins+Will.

Perkins+Will a créé une appli qui scrute des paramètres préétablis dans les maquettes Revit, tels que les tailles de fichiers volumineux, les temps de synchronisation longs et un grand nombre d’utilisateurs simultanés, autant d’indicateurs qui révèlent des équipes en difficulté. À l’aide d’un tableau de bord visuel, les responsables voient immédiatement quels projets demandent une attention particulière. Voir comment Perkins+Will recueille et conserve les données de ses projets.

2. La RV sociale : apprendre à partir des jeux vidéo multijoueurs

« Le scénario [RV] qu’on connaît tous, c’est une personne en train d’utiliser la RV à côté d’une pièce remplie de personnes qui regardent sur écran géant, raconte Iffat Mai, responsable du développement chez Perkins+Will. Mais parce que regarder n’est pas faire, ceux qui regardent l’expérience en RV de manière indirecte ne sont pas en phase avec leur collègue qui est en immersion. Avoir des membres de l’équipe projet se trouvant dans le même espace, qui regardent la même chose, c’est beaucoup plus productif. »

Lorsque Iffat Mai a commencé à chercher une méthode qui réunisse des utilisateurs multiples sur la même maquette RV, elle s’est tournée vers une ressource inattendue : les jeux vidéo. « Mon fils joue à Call of Duty tous les soirs. 20 personnes s’activent autour d’un bâtiment et vous allez me dire qu’on ne peut pas faire pareil en architecture ?

On peut le faire, il n’y a pas de doute. Perkins+Will a créé une solution “RV sociale” basée sur des jeux vidéo multijoueurs en ligne. Pour que les équipes se coordonnent dans les espaces de travail virtuels, les bureaux dupliquent leurs flux de travail : ils exportent une maquette numérique de Revit vers un rendu dans 3ds Max puis sur une plateforme de développement RV comme Unity. Pour finir, ils mettent leur expérience RV en réseau, avec un module de gaming comme photon VR, afin qu’elle soit accessible sur le cloud par plusieurs utilisateurs.

technology architecture social VR
Perkins+Will a réussi à développer une maquette de projet “RV sociale” basée sur des jeux en ligne multijoueurs. Avec l’aimable autorisation de Perkins+Will.

Étonnamment, la RV est facile à intégrer en début de travail sur la plupart des projets, ajoute Fei Xie, concepteur à l’agence Perkins+Will de Boston. « C’est parce que la préparation des rendus ne demande pas plus de temps avec la RV. Les concepteurs qui n’en ont pas fait l’expérience pensent : La VR, c’est trop compliqué ; on n’en a peut-être pas besoin. » Mais, explique-t-il, les spécialistes ont un autre point de vue : « Ils vous diront : si on a la maquette, on peut juste entrer le code de rendu. La RV fait déjà partie du programme. » Regarder comment Perkins+Will configure la RV sociale avec Revit, 3ds Max, Unity et photon VR. 

3. La réalité mixte : troquer les dessins contre un casque

Alors que la RV est idéale pour explorer un espace qui n’a pas encore été construit, la réalité mélangée (RM) est parfaite pour un espace déjà construit.

« La réalité mélangée introduit littéralement des objets virtuels interactifs dans un espace physique, explique Michael Shyu, architecte à l’agence Perkins+Will de Boston. Autrefois, poursuit-il, les architectes se rendaient sur les chantiers avec des rouleaux de dessins, puis tentaient de réconcilier les éléments dans l’espace physique. » Avec la RM, les architectes peuvent troquer les dessins contre un casque tel que l‘HoloLens de Microsoft pour voir la maquette 3D superposée à l’espace correspondant.

Afin de tester le potentiel de la RM, Perkins+Will a créé différentes maquettes numériques d’un espace vide au-dessus de leurs bureaux à Boston, importé de Revit vers HoloLens à l’aide d’un système d’optimisation de jeux vidéo, comme son équipe de RV sociale. Le produit fini est une appli RM qui propose aux utilisateurs un tour immersif de cet espace vide. Michael Shyu ajoute que les entreprises qui font l’expérience de l’HoloLens aujourd’hui bénéficieront à l’avenir d’une longueur d’avance sur la concurrence. « La RM, c’est l’avenir, assure-t-il. » Lire la présentation Perkins+Will et les documents d’accompagnement au sujet de l’expérience de création de RM.

technology architecture mixed reality

L’appli de réalité mixte Perkins+Will permet de réaliser des visites immersives dans des espaces. Avec l’aimable autorisation de Perkins+Will.

4. La réalité augmentée : affichage de poche avec votre smartphone

Pour obtenir le même effet avec les espaces extérieurs, que celui obtenu par la RM avec les intérieurs, il est bon d’envisager la réalité augmentée (RA) qui se sert d’appareils mobiles à la place des casques pour superposer les objets virtuels sur les espaces physiques.

Par exemple, AX, l’appli de réalité augmentée de Perkins+Will, qui permet aux utilisateurs d’explorer des représentations 3D de dessins comme si c’était des maquettes physiques. Assise dans une salle de réunion, une cliente peut utiliser son smartphone pour voir, comme si elle était posée sur la table, une représentation miniaturisée du Musée d’histoire naturelle de Shanghai. Grâce au zoom, elle peut scruter les détails ou prendre une photo à partager sur les réseaux sociaux. « En gros, c’est un affichage de maquette de poche, commente Chance Heath du Studio design de Perkins+Will. (Le portfolio d’applications Perkins+Will en pleine expansion comprend VX, une appli de réalité virtuelle qui permet aux concepteurs et aux clients de consulter les derniers projets de l’entreprise).

Si vous voulez maximiser la RA, utilisez les kits de développeur tels que ARKit d’Apple ou ARCore sur Android pour exploiter les capacités en RA de votre téléphone. « Ce qui est génial avec [la RA], c’est qu’on peut s’en servir avec un appareil mobile », ajoute Michael Shyu. Lire la présentation Perkins+Will et les documents d’accompagnement au sujet du rôle de la RA dans la conception collaborative.

5. La conception générative : utiliser l’IA pour plus de liberté

L’innovation donne non seulement aux architectes de nouvelles manières de réaliser des projets, mais également de les créer, selon Perkins+Will, qui lance des expérimentations aussi dans la conception générative.

Appelée parfois conception computationnelle, la conception générative se sert de l’intelligence artificielle pour créer des options générées par ordinateur. Les architectes posent leurs objectifs de projet, leurs paramètres et leurs contraintes, les entrent dans un ordinateur qui les traite au moyen d’algorithmes d’apprentissage automatique, puis reçoivent un menu d’options pour une conception optimisée.

En 2016, Perkins+Will s’est associée à Autodesk — qui a inauguré il y a peu de nouveaux bureaux à Toronto, créés grâce à la conception générative — afin de développer Space Plan Generator (SPG), un algorithme expérimental utilisé pour la conception de deux étages d’un hôpital. Suite à cette expérience, l’agence a décidé que la conception générative serait idéale pour la conception d’espaces communs, comme les toilettes. « Pour moi, c’est un outil qui permet d’inclure la conception générative dans tous nos projets, parce que tous nos projets comportent des toilettes », explique Nick Cameron.

Chance Heath ajoute que les investissements R et D en conception générative offriront plus de temps et de liberté dans la conception. « La vraie valeur de cette technique est de dégager du temps pour le design pur. Si on peut automatiser le processus de création de toilettes, ou de couloirs à 2,5 mètres là où on en a besoin, alors on peut se concentrer sur l’aspect architectural du nouveau bâtiment et sur ses spécificités.

Avec la grande promesse de l’innovation qui inclut la RV, la RA, la RM en passant par les mégadonnées et la conception générative, Perkins+Will nous livre son mot d’ordre : Plus d’architecture, mieux pensée. Rien que ça.

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