Robo Challenge allie l’art et la technique pour construire des robots uniques

Par Drew Turney
- 7 Avr 2017 - 6 min De Lecture
L’armée de robots-araignées Attacknid de Robo Challenge. Avec l’aimable autorisation de Robo Challenge.

L’enfant aime jouer avec des robots. On sait qu’ils ont le pouvoir d’éveiller celui qui sommeille en chacun d’entre nous. Sinon, comment expliquer le succès cinématographique de Transformers, la fascination qu’exerce le Mars rover ou encore la popularité de la série Battlebots aux États-Unis ou de Robot Wars au Royaume-Uni ?

À l’aura mystique des robots vient s’ajouter cette vérité empreinte de jalousie selon laquelle seuls quelques privilégiés peuvent fabriquer des robots et en vivre. Mais pour les Britanniques de Robo Challenge, c’est une affaire de famille : les frères James et Grant Cooper fabriquent avec leur père toutes sortes de robots, qui au fil des années, ne passent plus inaperçus.

robo challenge Grant Cooper with robot wars creation
Grant Cooper, avec une des créations Robot Wars de Robo Challenge. Avec l’aimable autorisation de Robo Challenge.

La plupart des concepteurs de robots se consacrent à des champs tels que l’exploration, la médecine ou la fabrication, où l’activité est la seule finalité du robot. Robo Challenge, cependant, jouit d’une position unique en sa qualité de consultant technico-créatif.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Pour Robo Challenge, il s’agit avant tout de donner vie aux projets robotiques les plus cools. Pour la télévision, les frères Cooper ont construit des robots qui se battent. Pour le lancement du nouveau service de téléphonie mobile de Samsung, ils ont construit un rover avec une caméra contrôlée par des utilisateurs. Et pour le fabricant de jouets Wow ! Stuff, qui voulait créer un très gros buzz publicitaire, ils ont mis au point une armée de robots-araignées de 1,5 m, version supergéante des jouets télécommandés Attacknid de la société.

Ces clients ont pu découvrir, à l’instar d’autres dont la BBC, Cadbury, Converse, Microsoft, Samsung, la série TV Stan Lee et les Super-Humains et même la famille royale d’Abu Dhabi, que Robo Challenge était capable de tout, rien de moins.

Malgré les louanges, le cofondateur James Cooper reste modeste lorsque Redshift suggère qu’il est plus qu’un simple ingénieur. Cette envie de fabriquer des objets au design cool et qui fonctionnent, fait aussi de ces deux frères des artistes. « Il y a de bien meilleurs ingénieurs au monde, nous dit-il. Nous sommes des gens très créatifs, avec des aptitudes techniques, ce qui est réellement la seule manière de définir notre métier. »

L’ingénierie traditionnelle, ajoute-t-il, implique un processus de réflexion particulier. Mais lorsque des clients arrivent chez Robo Challenge et leur disent « on adorerait faire ceci ou cela, est-ce que c’est possible ? », la réponse par défaut est toujours « Oui », avoue James Cooper dans un éclat de rire. Vient ensuite le moment de tenir ses promesses et comme il aime à le dire à ses clients : « tout est possible si on dispose du temps et du budget nécessaires. » Demandez à Microsoft : les Cooper ont fait face à un « challenge » unique en son genre, construire la réplique exacte du robot-chien Mack du jeu Xbox ReCore à l’aide du logiciel Fusion 360 d’Autodesk, qui a été l’occasion d’une belle démonstration de leur créativité technique.

Une enfance parmi les robots

Dans sa forme actuelle, Robo Challenge s’est constitué lorsque la télévision les a appelés. « Nous avons connu la célébrité avec des concours et des ateliers de formation scientifique et technologique dans les écoles. Les producteurs de programmes télévisés ont vu ce qu’on faisait et ont commencé à nous contacter », raconte-t-il. Les deux frères et leurs amis étaient déjà immergés dans le monde des voitures téléguidées et fabriquaient leurs propres maquettes, à l’aide de l’atelier de roulettes de leur père, dans le centre de Birmingham.

James et son frère sont devenus fans de la version britannique de l’émission Robot Wars il y a 10 ans (pour laquelle ils allaient par la suite construire des maquettes), et après d’autres travaux pour d’autres émissions, Robo Challenge a peu à peu bâti sa renommée mondiale.

Des sociétés de production, des agences de communication, des fabricants de biens de grande consommation et de jeux, et même des sociétés de services publics les ont sollicités pour des projets de toutes sortes. James Cooper explique qu’après avoir déterminé la manière de construire le robot, imaginer les différentes possibilités du projet est la partie la plus stimulante.

robo challenge James Cooper with Robot Wars' Dead Metal
James Cooper, avec Dead Metal de la série Robot Wars. Avec l’aimable autorisation de Robo Challenge.

Aujourd’hui, alliant l’activité d’un laboratoire de robotique à celle d’un studio artistique, Robo Challenge porte bien son nom. « Ce n’est pas juste pour faire joli, tous nos robots sont fonctionnels, précise-t-il. » À l’inverse de la plupart des concepteurs de robots, nous pensons qu’à chaque étape, l’aspect esthétique doit suivre la conception technique.

La démarche de Robo Challenge est vraiment unique. Sa relation aux clients est centrale, car ce sont leurs projets qui font germer les idées les plus folles et les plus intéressantes. James Cooper la définit comme un processus d’évolution dans lequel les développements collaboratifs naissent au gré du chemin emprunté.

Un avenir sous le signe de l’innovation

Robo Challenge, avec d’autres fabricants ou concepteurs, a vu son flux de travail transformé par la technologie, notamment l’impression 3D, l’usinage CNC et la conception 3D. Il se souvient du temps où il travaillait avec sa scie à métaux et son tournevis, à partir d’ébauches qu’il avait mis une éternité à affiner (le processus de fabrication était alors encore plus chronophage).

robo challenge wave runner
Robo Challenge a créé le Wave Runner pour l’émission jeunesse Blue Peter de la BBC et sa participation à la collecte de fonds Sport Relief 2016. Avec l’aimable autorisation de Robo Challenge.

« Nous détenons le record de vitesse pour le vélo propulsé par une fusée, dont la conception et la création nous avaient pris un bon mois. Aujourd’hui, nous pourrions dessiner l’engin, faire les simulations et le développer en quelques jours seulement avant la phase d’usinage. »

Il ajoute que les outils informatiques n’ont pas uniquement rendu les processus plus rapides et plus efficaces : le produit fini est meilleur qu’avant. Les ingénieurs de Robo Challenge peuvent se consacrer à la conception d’un robot parfait, plutôt que de perdre leur temps sur des questions de fabrication et d’usinage pour que le résultat soit « suffisamment proche » de l’idée originale.

Mais peu importe la technologie, les techniques ou les outils de Robo Challenge, les frères Cooper n’ont rien perdu de leur passion pour les robots. Loin d’être un vendeur qui ne fait que créer et construire ses machines, Robo Challenge accompagne ses clients dans une expérience totale du résultat attendu.

« Lorsque nous avons lancé Robot Wars, on aurait pu s’en tenir à la livraison des House robots. Mais cela n’aurait pas été la même chose, si on ne les avait pas pris et conduits, si on n’avait pas été présents pour le tournage et le reste. Il est essentiel de transmettre son enthousiasme et sa passion. »

Sur le même sujet…

Accès validé !

Merci!

Découvrez le « Future of Making »

Abonnez-vous à notre newsletter