PAR BILL DANON

Tout le monde sait que dans le futur, les voitures sans chauffeur seront un moyen de transport ordinaire, qui finira par fonctionner comme un service de covoiturage de proximité, et même sûrement plus tôt que prévu. Mais quelles autres technologies transformeront notre manière de voyager ?

Basé sur les prédictions des experts concernant les véhicules autonomes, les avions supersoniques, la robotique, l’intelligence artificielle et d’autres innovations, le récit de voyage que vous allez lire est ancré dans les technologies émergentes d’aujourd’hui et agrémenté d’une bonne dose de spéculation quant à l’évolution des transports dans les 30 années à venir.

Pour savoir ce qui vous attend, faisons un bond en 2050, à l’occasion d’un voyage de Paris à Hong Kong.

Prêt au départ

Vos valises sont bouclées et vous êtes prêt à quitter votre domicile à Saint-Denis. Vous appelez un taxi : il n’a pas de chauffeur. Il arrive deux minutes plus tard et ne ressemble ni à une Renault, ni à une BMW, ni à une Tesla d’aujourd’hui. L’intérieur est équipé de deux sièges moelleux pivotants et il n’y a ni volant ni pédales ni tableau de bord. Les vitres font également fonction d’écrans qui peuvent afficher des cartes routières et des informations sur la météo, le trafic routier ainsi que des flux de divertissement.

C’est parti, mais sans chauffeur

Pendant le trajet, la voiture électrique pratiquement silencieuse se recharge directement sur la chaussée, par induction magnétique. Votre taxi s’insère dans une file d’autres véhicules sans chauffeur, formant une sorte de train à grande vitesse sur l’A1. La compacité de la file réduit la densité de la circulation et la résistance de l’air. Bien qu’il n’y ait ni limitation de vitesse ni police routière, la voiture ne roule qu’à 80 km/h. Malgré cela, le temps de votre trajet pour atteindre l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle est divisé par deux. Pourquoi ? Tout d’abord, en raison de la disparition des feux de circulation. La plupart des intersections sont à présent des ronds-points et le mouvement des automobiles, des scooters et des vélos est complétement fluide. Les piétons passent au-dessus de la voie, sur des passerelles.

L’arrivée à l’aéroport

Depuis les rénovations de plusieurs milliards d’euros, effectuées en 2021, l’aéroport de Roissy est à la pointe des technologies numériques et physiques, qui ont été combinées pour optimiser le voyage aérien. Dès votre arrivée, un robot bagagiste vous accueille et emporte vos valises vers un dispositif de triage qui fonctionne au moyen de l’intelligence artificielle et envoie les bagages vers l’avion correspondant.

Le système détecte la plaquette électronique que vous avez imprimée en 3D à la maison et ajoutée à votre valise. Grâce à une application de votre téléphone, vous suivez le parcours de votre valise sur une carte 3D haute résolution dans le bâtiment, puis dans l’avion.

Ces maquettes 3D détaillées à l’extrême exigent des téraoctets de mémoire, mais grâce au réseau 8G de 2050, ne s’affichent qu’en quelques millisecondes. Avec les CT-scans et la reconnaissance faciale, c’est à peine si vous ralentissez lors de votre passage au contrôle de sécurité et de plus, vous n’avez pas besoin de vous déchausser.

Altitude maximale

Votre vol est pris en charge par une nouvelle génération d’avions supersoniques commerciaux, propulsés grâce à l’association de piles à combustible et de l’énergie solaire. Ils ont été mis au point à l’aide d’un des descendants des logiciels d’Autodesk, Project Dreamcatcher, qui avait été mis sur le marché en 2017. Le fuselage est un maillage de fibres de carbone extra-légères associé à un matériau transparent.

Su la vitre des hublots, des écrans affichent tous les résultats de tous les capteurs possibles. Bien sûr, il n’y a pas de pilote dans l’avion, mais depuis 2010, 90 % des vols commerciaux s’effectuent en pilote automatique. Ce n’est donc pas nouveau. De fait, il n’y a absolument aucun pilote dans l’avion, qui est guidé depuis un système de contrôle aérien basé sur une station spatiale. Mais rassurez-vous : un pilote au sol peut prendre le contrôle de l’appareil à distance, en cas de besoin.

Un petit café à l’arrivée

À votre arrivée à Hong Kong, inutile d’attendre vos bagages devant le tapis roulant. Après la vérification de votre passeport, largement accélérée par la reconnaissance faciale, un autre robot bagagiste relie la plaquette électronique de votre valise à votre téléphone mobile et votre bagage vous est livré alors que vous prenez un petit café. Pour le petit-déjeuner, vous hésitez à prendre un dimsum au restaurant du terminal, étoilé au Guide Michelin, mais il vous faut déjà filer vers Canton pour une réunion.

Plus rapide que l’éclair

Il y a 30 ans, vous seriez monté dans un ferry ou dans un train pour rejoindre Canton. Le train aurait mis deux heures pour faire 180 km. Mais tout cela est bien fini, vous prenez l’Hyperloop, la capsule en lévitation scellée à vide et qui ressemble à une balle de revolver, création originale d’Elon Musk datant de l’été 2013. Neuf minutes à 1 200 km/h suffisent à effectuer le trajet.

Vous y êtes presque

Vous sortez du terminal de l’Hyperloop et il vous reste 2 km à parcourir pour gagner votre hôtel et vous rafraîchir avant votre rendez-vous. Heureusement pour vous, ces 30 dernières années ont vu apparaître une flopée de microvéhicules électriques, parfaits pour se faufiler dans les zones urbaines. Vous secouez la machine pour la dégager de son enclave, vous vous immobilisez afin de confirmer votre identité par un scan de la rétine et vous voilà parti sur une trottinette électrique Floatility de location.

Enfin à l’hôtel (merci le drone)

Tout s’est bien passé jusque là, mais en chemin vers l’hôtel, vous vous apercevez que vous avez oublié votre bagage à main à l’aéroport (avec tous les documents indispensables pour votre réunion). Heureusement, vous n’avez qu’à appeler un service de livraison par drone afin de retrouver votre sac et de le faire livrer à votre hôtel. Il vous attend à l’accueil et vous le retrouvez lorsque vous descendez après une douche, prêt à affronter votre journée.

Vous vous sentez détendu. Vous avez traversé la moitié de la planète, en émettant une faible portion du dioxyde de carbone qui aurait été émis pour le même voyage 30 ans auparavant. Mais ce que vous ne savez pas (et pourquoi le sauriez-vous d’ailleurs ?), c’est que les racines de ces technologies sont déjà fermement implantées aujourd’hui, tout comme le logiciel requis pour les fabriquer.

En 2017, les concepteurs et les ingénieurs font déjà usage de la afin de créer des voitures autonomes, des avions ultralégers, des robots bagagistes et des infrastructures Hyperloop. Certains d’entre eux fabriquent déjà des circuits imprimés par impression 3D et des systèmes connectés à l’internet des objets qui se servent de l’apprentissage automatique. C’est le travail que nous réalisons aujourd’hui qui fera de cette extraordinaire expérience de 2050 une réalité.

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