Le développement de logiciels, une étape bientôt incontournable pour les entreprises.

Par Amar Hanspal
- 17 Avr 2017 - 5 min De Lecture

Vous pensiez travailler dans l’automobile, l’architecture, la production ou l’ingénierie ? Bientôt, vous travaillerez aussi dans les logiciels.

Cela ne signifie pas qu’on vous demandera de coder vous-même ou de mettre au point des applis mobiles. Mais à l’avenir, acquérir un certain niveau de compétence en développement de logiciels sera indispensable, tous secteurs confondus. Vous ne serez pas les seuls : tout le monde est face au même constat, car le numérique s’impose partout.

software competency illustration of people watching chicken movie

Pour les domaines d’activité à mille lieues (pour l’instant) des produits numériques ou de l’Internet des Objets, point de salut. Pour conserver son avantage concurrentiel, toute entreprise devra étudier la question des interactions entre ses clients et fournisseurs et elle-même, puis celle du développement produit, puis celle de la maintenance. Et finalement répondre à la question du bien-fondé de la numérisation.

Connaissez-vous l’ouvrage de Chris Anderson intitulé La longue traîne? Dans ce livre, l’auteur explique qu’historiquement, les entreprises n’étaient pas capables de proposer beaucoup de produits sur le marché, parce que les coûts de fabrication, de distribution et de promotion étaient extrêmement élevés. Mais avec l’avènement d’Internet, les coûts marginaux de distribution et de marketing ont chuté de manière abrupte. En conséquence, les entreprises ont pu fabriquer des solutions et des produits hyper spécifiques qui répondaient parfaitement aux besoins des clients.

Maintenant, pensez à des films, à l’instar de Chris Anderson, qui s’adressent à un public très particulier. Pensez à des films existentiels et expérimentaux sur des poules (en noir et blanc avec des sous-titres bien sûr). Pour une chaîne de vidéoclubs, proposer ce film dans toutes ses boutiques n’aurait pas été pas rentable. Mais grâce à Internet, elle peut désormais identifier, parmi la foule de ses clients potentiels, les quatre seuls amateurs de films expérimentaux sur les poules. Sur une plate-forme Internet, on peut regrouper ces personnes dans un environnement unique, créant une communauté virtuelle autour d’un centre d’intérêt partagé.

Dans l’exemple d’une société industrielle, de nombreuses caractéristiques seront communes aux autres sociétés de son secteur : clients, employés, gestion de la technique, expédition et réception sur le site de fabrication. Le fabricant se sert probablement d’une solution d’automatisation générique commercialisée (CRM, ERP, par ex.) lui permettant de réaliser environ 70 % des impératifs de fabrication courants.

software competency shoe illustration

Cependant, les 30 % restants de son activité sont uniques. Prenons un fabricant de chaussures. Cette société doit pouvoir proposer à ses clients des options de personnalisation, grâce à un programme qui sur le point de vente, scanne le pied du client, lui propose les matières et génère une visualisation en haute définition, tout en calculant précisément le coût et les délais. C’est un peu comme dans le cas du film expérimental : les sociétés qui codent des logiciels de configuration de chaussures ne courent pas les rues. Le fabricant devra développer sa propre solution logicielle.

Et c’est là que le développement interne de logiciels entre en jeu : pour rester compétitives dans l’avenir de la fabrication, les sociétés doivent disposer de solutions numériques sur mesure, qui répondent à leurs besoins uniques de production, de personnalisation et d’approvisionnement. Cela peut prendre la forme d’une interface utilisateur ou d’un système d’estimatif de coûts. Mais cela ne signifie pas qu’on doive embaucher une équipe de développeurs pour mettre le logiciel au point.

Aujourd’hui, des sociétés du type Amazon ou Salesforce, proposent déjà des plates-formes numériques d’entreprise : un point de départ plus avancé, qui supprime les coûts de développement d’un logiciel. Ces plates-formes basées sur le Cloud fonctionnent bien, car elles sont flexibles et faciles à utiliser. Chaque société peut donc se les approprier. Par exemple, de nombreuses sociétés utilisent les services Web d’Amazon pour créer des logiciels qu’ils utiliseront en tant que service (SaaS) et des applications mobiles. La plate-forme est indéniablement puissante, mais n’appréhende aucun des impératifs du monde physique.

Les secteurs concernés par l’avenir de la fabrication, l’architecture, le bâtiment, les infrastructures, la production, l’automobile, etc., demandent une plate-forme qui fournisse les fonctionnalités de description, de validation et de fabrication ou de construction d’objets concrets.

Comme notre fabricant de chaussures fictif, une grande société automobile a récemment eu besoin d’une application spécifique pour son fournisseur de vilebrequins. L’application ne s’adressait qu’à un seul fournisseur, mais constituait un outil important pour la numérisation de la validation du projet avant la production des vilebrequins. Le constructeur a utilisé la plate-forme Forge d’Autodesk afin de mettre cette solution au point.

software competency crankshaft illustration

De la même manière, un bureau d’études structure devait conduire des analyses multiphysiques pour vérifier des propriétés telles que l’acoustique, le son, les vibrations ou la tension. Il devait créer son propre logiciel afin d’exploiter les algorithmes patentés qu’il a mis au point au fil des années pour valider ses projets. Une plate-forme conçue pour l’avenir de la fabrication lui permettrait de numériser une grande partie de son activité.

La bonne nouvelle, c’est que toutes les plates-formes n’ont pas à savoir tout faire, car elles peuvent se compléter entre elles. Par exemple, avec le système audio Sonos, vous pouvez avoir un compte sur Spotify et un compte sur Pandora. Sonos n’a pas besoin d’héberger toute cette musique pour la lire sur ses systèmes. Au contraire, grâce à des services Web, divers comptes sont connectés et fonctionnent ensemble. Forge, par exemple, peut se connecter à Proto Labs pour la production et l’usinage et à Amazon pour le stockage sur le Cloud. Comme des personnes peuvent collaborer grâce à Internet, des plates-formes peuvent se connecter et s’entraider, ce qui n’était pas possible avant.

Développer votre propre logiciel pour gérer les 30 % de spécificité de votre activité est une manière de vraiment sécuriser l’avenir numérique de votre entreprise. Pour l’instant, vous savez que l’écosystème commercial, qui comprend la manière dont tous les secteurs fabriquent des choses, les achètent et les vendent, est soumis à une évolution radicale. Pour rester compétitif, il vous faudra prendre la voie du numérique, avant vos concurrents.

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