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Z Architecture, une agence à l’esprit très collaboratif

TÉMOIGNAGE CLIENT // Autodesk Revit

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Ingénieux, atypiques et réactifs, c’est ainsi que se qualifient les fondateurs de Z Architecture. La culture du dessin et le projet collaboratif sont les fondements de cette agence lyonnaise créée en 2009 par William Vassal et Vincent Gadaix. C’est la réhabilitation de la Sucrière à Lyon, bâtiment culturel et événementiel, qui marque les débuts de Z Architecture. Si ce type de projets est le terrain de jeu favori de la jeune équipe, elle apprend à sortir de sa zone de confort pour s’essayer au logement et au tertiaire. La réussite est au rendez-vous mais les têtes restent froides. Entretien avec Geïlon Cannarozzi et Guillaume Simonin, associés.

Loin de l’image d’artiste imposant sa signature, nous nous positionnons avant tout comme un prestataire de service qui doit mettre son savoir-faire au service des utilisateurs, dans un esprit de concertation et de dialogue avec le maître d’ouvrage.

—Geïlon Cannarozzi, Associé, Z Architecture

 

Geïlon Cannarozzi, dites-nous comment l’agence Z Architecture est constituée ?

Nous sommes 4 associés. William Vassal incarne l’esprit de l’agence. Il a travaillé pendant 10 ans chez Renzo Piano et a notamment suivi pendant 3 ans le chantier du Centre culturel Jean-Marie Tjibaou en Nouvelle-Calédonie, puis la Cité internationale de Lyon. Il a également travaillé dans plusieurs agences lyonnaises avant de fonder Z Architecture. Vincent Gadaix a créé la société d’infographie Asylum qu’il a dirigée pendant 12 ans. Il s’occupe à présent du développement, mais aussi de l’administration et des finances de l’agence. Je les ai rejoints en 2010 en tant que salarié et suis devenu associé il y a deux ans. Quant à Guillaume Simonin, il est arrivé à l’agence en 2011.

Nous sommes entourés d’une dizaine de salariés, tous architectes (à l’exception de notre chargé de communication), tous parties prenantes aux projets. Le travail collaboratif est primordial pour nous.

Sur quels types de projets travaillez-vous ?

Quand l’agence a vu le jour en 2009, l’idée était de se concentrer sur le champ de compétence principal des associés, à savoir les établissements culturels et événementiels, ainsi que les établissements sportifs (piscines) en réhabilitation. Mais le contexte est un peu particulier, l’après-crise oblige à se diversifier. Pour sortir du tout culturel, nous nous sommes lancés dans le logement et les bureaux. Novices en la matière, nous avons été invités à candidater sur deux opérations de logements à la Duchère et Vaux-en-Velin et avons remporté les deux concours. Ce domaine d’activité n’a cessé de croître depuis trois ans puisqu’il représente aujourd’hui plus de 50 % de la production de l’agence (opérations de 30 à 100 logements). Nous venons de rendre un concours pour 289 logements à la ZAC des Girondins à Lyon. En tertiaire, nous avons réalisé le siège Manitowoc à Dardilly (69), des bureaux pour  Akka Technologies à Marignane (13). Actuellement, nous construisons le siège d’Eiffage Savoie à Chambéry et le siège régional d’ABB à Beynost, deux projets totalement réalisés avec Revit, du concours à la livraison. La dimension des projets va de 2 à 15 millions d’euros, une jauge adaptée à la taille de l’agence. Notre curiosité nous pousse vers des projets plus atypiques comme les 7 résidences (+ foyer et cuisine collective) d’artistes en containers maritimes pour le Centre National des Arts de la Rue des Ateliers Frappaz à Villeurbanne (69), ou encore la Pré-Fabrique de l’Innovation pour l’Université de Lyon 1, sur le Campus de la Doua (Fab-lab collaboratif dont les murs sont réalisés à partir de ballots de paille compactée).

Gaëtan Le Penhuel Architectes – Z Architecture - Îlot G Lyon Confluence – Crédit image : Labtop Rendering

Votre champ d’action s’est considérablement élargi depuis la création de l’agence, comment y êtesvous parvenus ?

C’est énormément, énormément, énormément de travail !!! Sur chaque projet, chaque concours, l’équipe s’est toujours mise en risque pour proposer ce que nous estimons être le plus judicieux pour le client, allant parfois à l’encontre du programme... C’est certainement cet esprit critique et cette capacité à être force de proposition, et ce quel que soit le programme, qui nous ont permis d’élargir notre champ d’action.

Vous prônez les vertus du travail collaboratif, est-ce la clé de votre réussite ?

C’est en effet un aspect essentiel de notre mode de fonctionnement mais celui-ci est également guidé par notre conception du métier. Loin de l’image d’artiste imposant sa signature, nous nous positionnons avant tout comme un prestataire de service qui doit mettre son savoir-faire au service des utilisateurs, dans un esprit de concertation et de dialogue avec le maître d’ouvrage. La notion d’humilité est primordiale. Notre méthodologie est sobre et très simple. Nous mettons tout en oeuvre pour respecter les plannings et les coûts – et éviter les charrettes. Sans trop nous éloigner du programme, nous cherchons constamment à apporter une valeur ajoutée, pour les usagers, des espaces que nous dessinons.

Guillaume Simonin, vous êtes en charge du BIM. Pour vous, ce virage numérique est-il une évolution ou une révolution ?

Pour nous, il s’agit plus d’une révolution que d’une simple évolution. Le passage ne se fait pas sans difficulté, il faut s’adapter au logiciel (Autodesk Revit) et cela nécessite une période de tâtonnement. La formation et la découverte du logiciel se font jour après jour. C’est un gros changement dans nos méthodes de travail. Malgré les “ difficultés ” inhérentes à tout changement, nous avons décidé, dès 2014, d’être acteur de notre développement en nous équipant du logiciel Autodesk Revit, tant l’efficience de ce logiciel et du BIM nous a paru évidente. On commence à voir apparaître des exigences de maquette numérique dans les concours de maîtrise d’oeuvre publique et privée.

Après la 3D et la modélisation, le BIM est une évolution logique. Il y a de nombreux avantages à travailler avec de la modélisation 3D, nous continuons à les découvrir au fur et à mesure de notre utilisation de cet outil incroyable. Le premier c’est la rapidité : en phase concours, dès qu’un concept est stabilisé, l’équipe peut travailler en même temps sur plan, coupe et élévation, un objet se crée rapidement et la cohérence d’ensemble est évidente. Nous travaillons à plusieurs sur les mêmes modèles 3D, ce qui nous permet d’aller très vite dans le montage. Autre avantage : l’automatisation des surfaces et des nomenclatures peuvent être facilement exploitées et rendent la tâche moins fastidieuse qu’en 2D. Le BIM facilite aussi les échanges avec le maître d’ouvrage, c’est un outil didactique facile à exploiter pour expliquer un projet.

Revit est particulièrement intéressant pour les projets de logements et du tertiaire pour lesquels les maîtres d’ouvrage sont intransigeants sur le respect des surfaces et des plans : les modifications apportées à un plan vont être automatiquement reportées sur la maquette. Ce même outil peut être très utile en phase commercialisation.

Gaëtan Le Penhuel Architectes – Z Architecture - Îlot G Lyon Confluence – Export Revit

Pour conclure, comment voyez-vous l’avenir de la profession ?

Quel que soit leur nom ou leur titre, il y aura toujours des gens avec une certaine éthique pour penser l’espace et la qualité des usages qu’ils génèrent. Néanmoins, nous faisons partie des professions qui se doivent d’évoluer, et l’utilisation du BIM participe à ce changement.

Propos recueillis par Éditions PC

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